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Dimension supplémentaire

février 22, 2009
Je ne sais pas trop en quelles circonstances, j’ai appris que la peine de mort fut abolie en 1981, mais, je ne savais pas que le terme employé pour désigner l’action qui consistait à couper la tête du condamné était “couper en deux”.
Etre couper en deux plutôt que d’avoir la tête coupée, j’y voyais quelque chose de plus atroce encore. Ces jours-ci, il m’est arrivé de méditer sur ce qui me paraissait être un euphémisme: quelle idée, pensais-je, d’employer l’expression être coupé en deux alors que la réalité de l’action me paraissait encore plus folle avoir la tête coupée, même si au fond d’un point de vue physiologique et dans un cadre quantitatif, si nous étions coupés au niveau de la taille pour légitimer l’emploi d’être coupé en deux car l’expression renvoyait mon esprit à l’idée d’être coupé équitablement (c’est peut-être mon coté gauchiste qui perturbait mon erreur de raisonnement), nous aurions peine à obtenir la mort subite du futur supplicié donc naturellement pour éviter une longue agonie du malheureux, lui couper la tête serait la meilleure façon de procéder…. mais néanmoins dans mon imaginaire que l’on puisse couper la tête d’une personne me semblait si extraordinaire, bien au-delà du fait que je trouve déjà assez incroyable que l’on ait pu donner la mort à des condamnés.
La réalité telle que je la conçois à présent, qui affirme davantage mon engagement contre la peine de mort et toutes les formes de pressions intenses que l’on peut imposer à l’esprit ou au corps du justiciable, c’est que le corps est un, j’ajouterai même, comme dans les films de Kun Fu que j’appréciais quand j’étais jeune, que le corps et l’esprit ne font qu’un; et qu’au fond, couper ne serait-ce que le doigt d’un condamné justifierait l’emploi de l’expression être coupé en deux.
En gros, je devrais m’amender en ne faisant pas cas de l’acte mais davantage à la nature de l’acte.